Depuis l’autorisation de mise sur le marché de l’imagerie TEP avec rubidium-82 par la FDA aux USA en 1989, plusieurs méta-analyses chez des milliers de malades ont été réalisées avec les deux techniques dont la technique conventionnelle TEMP utilisant le technetium-99m et la technique TEP. Il est donc possible de faire une synthèse de la comparaison des deux approches d’imagerie.

L’imagerie TEP avec le rubidium-82 a montré une spécificité diagnostique supérieure à celle de l’imagerie TEMP avec le technetium-99m (85 vs 67%) chez les malades obèses ou en surpoids et chez les femmes avec volume mammaire important. Ce résultat signifie un taux d’images faussement positives de 33% avec le technecium-99m contre seulement 15% avec le rubidium-82. Une telle différence est due à une résolution spatiale et une correction d’atténuation supérieures avec l’imagerie TEP.

Par ailleurs la qualité des images de TEP avec rubidium-82 a été montrée supérieure à celles des images TEMP avec technetium-99m entrainant une interprétation plus facile des images TEP. En effet cette interprétation a été considérée comme franchement normale ou anormale chez 96% des images TEP contre 81% des images TEMP avec techecium-99m, réduisant ainsi significativement le nombre d’images à interprétation incertaine.

L’imagerie TEP avec rubidium-82 permet en outre la quantification du flux sanguin myocardique et est particulièrement utile dans la situation de coronaropathie tri-tronculaire qui peut conduire à une sensibilité diagnostique diminuée avec l’imagerie TEMP avec le technetium-99m.

Enfin, du fait de la courte demi vie du rubidium-82 l’irradiation du malade pendant l’imagerie TEP est 2 à 3 fois plus faible que pendant l’imagerie TEMP avec le technetium-99m.

  • Figure1 : Image d’une coupe de myocarde avec imagerie conventionnelle utilisant une caméra CZT de dernière génération et du technetium-99m chez un malade en surpoids et diabétique. La diminution de la radioactivité à la partie inférieure de la coupe (flèche rouge) ne traduit pas une diminution du flux sanguin coronaire mais un artéfact lié au manque de fiabilité de la correction d’atténuation (résultat faussement positif).

 

  • Figure 2 : Image obtenue chez le même malade avec une caméra TEP/CT et du rubidium-82. La radioactivité est répartie de façon homogène traduisant une image normale (résultat vrai négatif)